Cameroon News

« L’Etat mène une action pour l’intérêt commun de la nation … »

Cameroon News : Que ressentez-vous une fois que vous êtes en présence des jeunes qui décident d’oser dans le domaine de la science ?

Dr Christophe FOE NDI : Etant moi-même jeune d’esprit quoique j’ai commencé à emprunter le couloir de la vieillesse, je ne me sens que très bien car l’aspiration de tout le monde c’est de ne pas vieillir.

Cameroon News : S’il faille vous présenter, il sera un peu long. Vous-même, dites-nous comment est-ce qu’on peut vous présenter?

Dr Christophe FOE NDI : je suis chercheur en droit de manière générale, droit fondamentaux et plus spécifiquement en droit « à » la santé, pas « de » la santé;  je suis un citoyen camerounais, qui a la chance de travailler quelque part, au ciel du Cameroun qu’on appelle la présidence de la république.

Cameroon News : pourquoi le ciel ?

Dr Christophe FOE NDI: c’est en terme de qualité, de puissance, de prestige, c’est la plus haute institution humaine qui puisse exister au Cameroun et ailleurs car il y’a des présidences ailleurs.

Cameroon News : de façon succincte, quelle différence faites-vous entre le droit « de » la santé et celui « à » la santé ?

Dr Christophe FOE NDI: le droit « de » la santé c’est l’organisation des hôpitaux, mais il y’a des questions transversales qui sont abordées dans ces deux disciplines, c’est la manière dont l’Etat s’organise pour assurer la fonction de l’institution qui distribue la santé a ces populations. Le droit « à » la santé c’est une prérogative dont jouit chaque citoyen de pouvoir bénéficier de la part de l’Etat de cette assistance.

Cameroon News : dites un mot par rapport à l’actualité qui prévaut en ce moment.

Dr Christophe FOE NDI : Nous sommes en pleine crise sanitaire mondiale et internationale. Elle cause l’émotion, détruit les vies, déstabilise les économies, c’est un ennemi commun contre l’humanité.

Cameroon News : Qu’en est-il de l’hécatombe dont on prévoyait en Afrique ?

Dr Christophe FOE NDI : la réalité est toute autre. Certains journaux européens prévoyais qu’on aurait en moyenne 20 000 000 de morts en Afrique à l’horizon mars 2020, et l’OMS également, ainsi que ses experts ne vendaient par cher la peau des africains prétextant notre pauvreté. Le Destin a été pour beaucoup. Vous voyez dans cette compétition catastrophique, des pays hyper équipés avec des systèmes de santé au-dessus des nôtres, les USA, l’Italie, la France… ont et continuent de subir un sort relativement plus triste que le nôtre. Nous les africains, nous sommes plus solide, nous vivons dans des conditions rudes sans oublié notre pharmacopée africaine. Nous sommes plus proches de la nature. Nous jouissons d’une immunité plus large. N’oublions pas aussi que la population africaine est relativement jeune. Il y’a plus de jeune en Afrique qu’ailleurs.
Nous avons avec nous la nature, car elle est notre alliée. Malheureusement, C’est cette nature là que les occidentaux, comme en Amazonie ont toujours voulu venir détruire. C’est ce qu’on appelle des « avoirs ».

Cameroon News : cette nature ne pose-t-elle pas la problématique de la pharmacopée africaine ?

Dr Christophe FOE NDI : la problématique c’est celle des « savoirs » et des « avoirs ». En terme de « savoir », nous avons donc toutes ces réactions de l’africain, des négro-africains et de tous les autres car la médecine traditionnelle n’existe pas qu’en Afrique. C’est toute cette somme de connaissance ancestrales transmise à travers les âges, des générations; alors que les « avoirs », c’est le domaine de la pharmacopée africaine. Nous avons nos écorces comme l’essingang…

Cameroon News: ne pouvons-nous pas remettre ce parapluie sanitaire dont nous jouissons sous le prisme divin ?

Dr Christophe FOE NDI: bien sûr. La médecine traditionnelle prend en compte les cultures auxquelles sont attachés les individus. Il y’a un terme générique de médecine traditionnelle. Dans le pays nous avons des médecines traditionnelles à travers les aires culturelles. Nous pouvons ainsi retrouver certaines personnes qui maîtrisent le tonnerre, qui règlent les problèmes des os cassés… il y’a une spécialisation en Afrique par rapport à la culture. Vous savez tout ce qu’on dit par rapport à la culture de l’Ouest, avec le culte des ancêtres… nous avons nos cultures qui, pour les autres sont les barbaries. Heureusement qu’existe une discipline occidentale qui s’appelle l’anthropologie qui restitue la valeur de nos cultures.

Cameroon News : Avec le Covid 19 et tout ce qui s’est et se passe autour, ne tendons nous pas là à la légalisation de la pharmacopée africaine ?

Dr Christophe FOE NDI : C’est un point central. On parle plutôt de la légalisation de la « médecine traditionnelle » et non de la « pharmacopée africaine ». Cette crise est venue démontrer à la face du monde que l’Afrique peut apporter dans le concert des nations, quelque chose qui peut être universel, utile pour tous.

Cameroon News : Vous avez commis un livre sur le droit à la santé. Que pouvons-nous dire de la réglementation en vigueur concernant la médecine traditionnelle ?

Dr Christophe FOE NDI : le Cameroun n’est pas un pays qui vit à part. il est membre de la société internationale. Dans l’opinion commune, les gens pense que le Cameroun évolue seul. Le problème de la réglementation:
– Sur le plan internationale : il y’a une stratégie 2014-2023 de l’OMS qui porte sur la médecine traditionnelle. Cette dernière insiste sur la réglementation de la médecine traditionnelle par les Etats. Elle insiste également sur l’intégration de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé des Etats.
– Au Cameroun et dans la plupart des pays malheureusement, cette réglementation n’est pas encore organisée. Les choses étaient très avancées au Sénégal, les textes de la réglementation était même été adopté en conseil des ministres; mais quand il est arrivé à l’assemblée, il n’a jamais évolué. Chez nous, c’est dans le couloir des législations depuis un certain nombre d’année. Le récent gouvernement avait d’ailleurs travaillé et avancé là dessus. Les signaux montrent que ça va évoluer.

Cameroon News : le droit à la santé au Cameroun : d’où vous viens l’inspiration pour commettre cet ouvrage ?

Dr Christophe FOE NDI : il y’en a deux. 1) en 2002, après le décès d’un être cher, j’ai été éprouvé et j’ai voulu lui rendre hommage. 2) c’est l’action très dynamique du chef de l’Etat et de son épouse Mme Chantal BIYA dans la mise en œuvre du droit à la santé au Cameroun. J’en veux pour preuve toutes ces initiatives, toutes ces évolutions dont les effets sont perceptibles à travers les multitudes des hôpitaux dans notre pays, les moyens que l’Etat met en place, mais également cet espoir qu’on redonne aux familles. Même les gens qui n’ont pas pu procréer, à travers le CHRACERH ont eu le sourire. Les gens partent d’Europe où c’est peut-être plus cher ou alors n’ont pas pu réussir et viennent au Cameroun, ceci encourage le tourisme médical.la santé est un bien accessible à tous.

Cameroon News : dans la page 165 de votre ouvrage, vous citez le groupe pasteur mutualisé : « les fautes éthiques constituent la deuxième grande catégorie des fautes médicales. Elles s’analysent comme un manquement au devoir d’humanisme. Il s’agit ici en réalité du respect par le droit du patient ». Parlant des fautes éthiques dans nos hôpitaux, ne seraient-elles pas à la source même de la formation de nos médecins ?

Dr Christophe FOE NDI : je suis administrateur civil. Toutes les professions ont leurs codes éthiques  et leurs codes déontologiques. L’Etat étant laïque, elle établit l’égalité des citoyens devant la loi. On applique aux membres des professions des règles, qui ne sont pas celles de droit mais celles qui, relèvent de l’éthique. C’est entre autre raison pour laquelle il existe un ordre de médecin. S’il y’a une faute, le médecin sera sanctionné par ses pairs. Le problème n’est forcément pas au niveau de la formation. Au Cameroun, le droit à la santé est un droit justiciable.

Cameroon News : avec ce livre, vos objectifs fixés ont-ils été atteints ?

Dr Christophe FOE NDI : Les résultats c’est par rapport aux orientations dont traite l’ouvrage. Il y’a une grande orientation par rapport à la médecine traditionnelle. Nous avons dans nos travaux souligné la pertinence et la nécessité que l’Etat du Cameroun ; s’arrimant donc aux recommandations de l’OMS, puisse faire en sorte que cette médecine soit réglementé. Nous ne pouvons qu’être galvanisés d’autant plus que les lignes sont en train de bouger dans ce sens. D’où notre satisfecit par rapport à l’ouvrage « le droit à la santé ». Pour l’heure, la médecine au Cameroun repose sur deux pieds : la médecine moderne dont le pied est très fort et celle traditionnelle dont le pied est très faible (illustration de la 1ere de couverture). J’ai par ailleurs souligné la nécessité de la réglementation de cette dernière afin que notre système de santé puisse reposer sur deux pieds à égale valeur.

Cameroon News : Avec le « COVID organic » Malgache, le « NGUL BE TARA » de Mgr Kleda… la communauté internationale ne gagnerait-elle pas à reconnaître le bien-fondé de la médecine traditionnelle ?

Dr Christophe FOE NDI : Si. Elle la reconnait déjà cette médecine. L’OMS demande, mieux encore, recommande à nos Etats de réglementer la médecine traditionnelle. Ceci est dû à l’efficacité de nos traitements et surtout des coûts. Les normes OMS recommande qu’il y’ai un hôpital dans un rayon de 5 km. Au Cameroun, nous en avons sur 2km mais uniquement dans les villes de Douala, Yaoundé et Bafoussam. La médecine a comme atout la couverture géographique nationale et coûte moins cher. A contrario, la médecine moderne coûte cher et ne couvre pas toute l’étendue du territoire.

Cameroon News : Selon vous, actuellement au Cameroun, Quel peut être l’ordre de priorité en terme de prise en charge santé ?

Dr Christophe FOE NDI: Dans le domaine des droits fondamentaux, notre pays a un statut et nos dirigeants s’y conforme. En matière de droit à la santé, il y’a pas un ordre de priorité. Nous sommes égaux parce que c’est la loi. C’est vrai que nous avons des personnes vulnérables. De façon sociale et humaine, l’Etat tient compte de ces couches. Le PRC, le PM, le MINSANTE y veillent. C’est pour cela que l’Etat mène une action pour l’intérêt commun de la nation ; la preuve, les dépistages du Covid sont gratuit, vous avez vu que le chef de l’Etat a pris sur lui tout récemment de remettre en liberté 1500 détenus de nos prisons. En bon chef de famille, il tient compte de la vulnérabilité de ses concitoyens.

Cameroon News : Dr, sortons de ce programme définitivement avec ces deux questions : la 1ere ? Vous êtes intendant principal du palais. En quoi consiste le travail d’un intendant du palais ?

Dr Christophe FOE NDI : (rire)depuis le 05 février 2000, date à laquelle le chef de l’Etat a bien voulu me faire confiance, de façon pratique, pour éviter d’entrer dans des débats théoriques, si nous avons l’eau au palais, c’est l’intendant qui s’en occupe, si nous avons la lumière au palais, c’est l’intendant qui s’en occupe. Si le chef de l’Etat reçoit ses hôtes (parce que c’est un souverain élu par toute la nation), l’intendant doit veiller à la bonne marche des moindres détails.

Cameroon News : Vous êtes membre du Comité scientifique de la foire scientifique IFYAR. Que pouvez-vous dire sur cette foire-là ?

Dr Christophe FOE NDI : C’est une foire qui vient de l’effort des jeunes. Nous sommes des seniors même si nous avons beaucoup à donner. C’est des jeunes qui sont à l’origine de cette foire. Comment expliquez-vous que nous les aînés devons-nous être réticent vis-à-vis de telles actions ? Nous sommes fiers de notre jeunesse.

Cameroon News : Merci Dr d’avoir accepté cet entretien.

Dr Christophe FOE NDI: C’est moi qui vous remercie de l’intérêt que vous portez à ma personne.


Entretien mené par Jean BIYO, Rédacteur en chef de Cameroon News.
Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur www.cameroonnews.live et sur Cameroon News TV.

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