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Etats généraux de l’Ethno-Coiffure – Quand la modernité ne doit pas exclure l’authenticité

Le palais des congrès de Yaoundé a abrité du 20 au 21 Février 2021, les états généraux de l’ethno-coiffure. Les participants venus du triangle national et de plusieurs pays d’Afrique se sont résolus à décoloniser le mythe sur les hommes et femmes qui se renient en arborant des cheveux artificiels, créant non seulement un manque à gagner sur le plan économique, mais également les déconnectent des valeurs spirituelles et ancestrales.

Ces Etats généraux de l’Ethno-Coiffure étaient placés sous le haut patronage des ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire ; de l’emploi et de la formation professionnelle ; des mines de l’industrie et du développement technologique ; et du commerce, avec la collaboration des ministères des arts et de la culture ; de la promotion de la femme et de la famille ; de la jeunesse et de l’éducation civique ; de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable ; des petites et moyennes entreprises ; de l’économie sociale te de l’artisanat ; du tourisme et des loisirs ; de l’agriculture et du développement rural ; des enseignements secondaires ; de l’élevage, des pêches et des industries animales et de la décentralisation et du développement local, les états généraux de l’ethno-coiffure se sont résolus à décoloniser le mythe sur les hommes et femmes qui se renient en arborant des cheveux artificiels, créant non seulement un manque à gagner sur le plan économique, mais également les déconnectent des valeurs spirituelles et ancestrales sans oublier les risques sur les cheveux importés qui génèrent des maladies, des déformations et déviances et ont démontré la nécessité du retour aux sources par le naturel. Pour y parvenir, des experts de plusieurs domaines ont été mis à contribution. L’on a eu droit à la présentation de l’histoire des mouvements et de la définition des états généraux ; à des démonstrations du traitement des cheveux naturels à base des produits locaux et à la sensibilisation.

On a eu droit à une série d’activités thèmes ont meublé les activités pendant ces journées à travers des formations ; la nomenclature des métiers ; la sensibilisation de masse ; la politique médiatique pour la vulgarisation du cheveu crépu et l’ethno-coiffure ; les échanges nationaux et internationaux et l’éducation de base en milieu universitaire. L’état des lieux, les actions, les outils, les résultats, les outils et partenaires de ces thèmes ont été passé au scanner. Pour la vice-présidente nationale Numéro un de l’ethno-coiffure qui a procédé à une démonstration de traitement des cheveux naturels à base des produits locaux, le succès du retour aux sources passe par la formation. « Un pan de la sensibilisation a été crée pour atteindre le plus profond de notre pays. Nous avons en projet de former par exemple pour un début, les femmes de la région de l’Est à l’effet de leur apprendre à fabriquer les produits à partir des ingrédients qu’elles ont sur place. Plus encore, aujourd’hui, nous formons des femmes à pouvoir fabriquer leur propres produits et pourront les vendre pour mieux vivre a partir de l’activité de la coiffure », a déclaré Sarah Baye.

La conseillère nationale numéro un quand à elle a plaidé pour un retour à l’authenticité « La modernisation n’exclut pas tout ce qui est authentique et il faut montrer comment retourner à cette authenticité. Nous le faisons à travers l’association ASEC par des formations virtuelles et pratiques pour qu’elles puissent se réapproprier ce savoir faire ancestral. En me présentant avec les cheveux indiens, je démontre que sa nature m’intéresse. Il faut donc procéder à l’éducation la base, car la maman est le modèle de sa jeune fille, car la jeune fille qui lit en sa mère ce type de complexe la reproduira car c’est sa mère deviendra son modèle », a expliqué Madame Towada.

Si des atouts sont en faveur de ces défis, des difficultés restent à surmonter. «Les femmes sont réfractaires au mouvement, préférant l’artificiel, faire. Il est question pour la femme d’accepter son naturel. Il sera donc question de multiplier les événements en faisant comprendre à la femme qu’elle est belle naturellement, en faisant par exemple des spots publicitaires de certaines icones », a précisé Mengue Edou HETTY, trésorière.

Le président confédéral est revenu sur l’importance du retour à l’authenticité, de la portée économique de l’importation des cheveux artificiels, de l’impact négatif sur plusieurs plans, tout en déclinant les signaux des résolutions. « C’est un jour historique, car le temps s’est arrêté. Un moment est en train de marquer l’histoire pour décoloniser ce pays pour dire stop à la dérive. Les femmes, d’une même voix, du triangle national ont manifesté le désir de retourner aux sources, car la base est notre source. Avec des cheveux qui ne sont pas les votre, vos ancêtres ne vous reconnaissent pas. Quand vous priez avec des cheveux qui ne sont pas les votre, vos ancêtres ne vous écoutent pas et partent ailleurs. Nous perdons 200 Milliards pour importer ces produits, mais nous avons une chance, c’est que la personne qui est à la source l’humanité, qui crée le bonheur, qui donne la vie, a dit aujourd’hui que j’apporte mon élément à l’édifice, que quelque soit le lieu où je me trouve, qu’on dise que j’étais là quand l’édifice a commencé. C’est un honneur pour moi d’être entouré d’une valeur traditionnelle, culturelle, d’une valeur anthropologique.

Une occasion de dire au monde entier qui nous sommes, et d’où on vient. Nous avons décodifié ce qui est passé par le mythe, par l’initiation pour le mettre à la disposition de tout le monde. On a emmené les gens à ne plus dire : je porte du ceci, mais je suis ceci. Ces femmes nous ont présenté l’ethno- coiffure de manière anthropologique, de manière traditionnelle, et vous nous ont démontré dans une fiche technique moderne ce qu’on nous a donné de l’autre côté. Elles nous ont démontré quelle est la méthodologie pour s’en sortir, à savoir ne pas perdre des devises, gagner en économie, être en bonne santé, être en bonne relation et en harmonie avec la nature. Différemment de ce qui avait été fait dans l’antiquité, elles ont donné leur manuel de procédures, donné leur apport au gouvernement. Dans son adresse à la nation en 2016 le chef de l’état disait qu’il faut prendre des risques. Il a répété à la jeunesse qu’il faut avoir des initiatives, et elles l’ont démontré de façon positive sur le plan anthropologique, car on gagne parce qu’on fait le retour aux sources, on gagne sur le plan culturel parce qu’on s’approprie de ce qu’on a perdu, on gagne sur le plan économique parce que pour la première fois de développer nos essences, les consommer, et les vendre.

L’initiative est même spirituelle car elle fait aujourd’hui ce qu’on appelle l’harmonie de l’Africain avec sa nature, avec son environnement. Enfin elle nous montre que quand il y’a tout cela, le bien être y est », a déclaré Mahop Loga. Ces travaux se sont déroulé avec des rencontres et échanges B to B entre participant dans le souci de rester connecter et poursuivre le combat pour ce retour aux sources.

Jean Claude Kendeg

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