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Mutinerie au Mali : le chef de l’ONU appelle à la libération « sans conditions » du président

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à la « libération immédiate et sans conditions » du président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, mardi 18 août. Plus tôt dans la journée, le président et son Premier ministre, Boubou Cissé, ont été arrêtés par des militaires maliens, au domicile du premier, tandis que des soldats ont pris le contrôle de la garnison de Kati, proche de Bamako.

Antonio Guterres a également apporté son « plein appui » à l’Union africaine et à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour parvenir à « une solution négociée » et « pacifique ». Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali.

Le gouvernement malien appelle au dialogue. Avant son arrestation, le Premier ministre malien a demandé dans un communiqué aux militaires de « faire taire les armes », se disant prêt à engager avec eux un « dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus ».

La Cédéao se dit préoccupée. La Cédéao, médiatrice au Mali, a dit dans un communiqué suivre « avec une grande préoccupation » la situation. L’organisation régionale appelle « les militaires à regagner sans délai leurs casernes » et « rappelle sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel », invitant les « militaires à demeurer dans une posture républicaine ».

La France « condamne » la « mutinerie ». La France « condamne avec la plus grande fermeté » la « mutinerie », a réagi mardi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en appelant les militaires à « regagner sans délai leurs casernes ». Emmanuel Macron s’est par ailleurs entretenu avec les chefs d’Etat de la région, et soutient la médiation de la Cédéao.

Une base militaire à l’origine du coup d’Etat de 2012. Le 21 mars 2012, alors que les rebelles touareg avaient lancé une offensive dans le nord du Mali et que les jihadistes affluaient des pays voisins, des soldats s’étaient mutinés dans le camp de Kati contre l’inaptitude du gouvernement à faire face à la situation. Sous la direction du capitaine Amadou Sanogo, ils avaient chassé le président Amadou Toumani Touré. Le coup d’Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés.

Une crise socio-politique depuis plusieurs mois. Le Mali est confronté depuis juin à une grave crise socio-politique. Une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), multiplie les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion. Cette crise est partie de l’invalidation d’une trentaine de résultats des législatives de mars-avril par la Cour constitutionnelle, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Keïta.

franceinfo

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